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Les
actions
Tous à
Mulhouse
La
convention nationale 2005 de la Licra s'est tenue à Mulhouse les 29
et 30 janvier. Un choix géographique qui ne doit rien au hasard :
la Licra a voulu réagir ainsi aux profanations de cimetières juifs
et musulmans qui ont ponctué l'année 2004 dans la région et
marqué son rejet absolu des idées d'extrême droite qui semblent
avoir la vie dure en Alsace. 
« La Licra, réunie en convention nationale à Mulhouse, réaffirme avec fermeté sa détermination à lutter contre toutes les formes de racisme et d'antisémitisme, à combattre toutes les discriminations et à perpétuer la mémoire historique des horreurs du passé et de leurs victimes. Par sa présence en Alsace, la Licra manifeste son refus des exactions intolérables perpétuées ces derniers mois et lance, plus que jamais, un appel à la vigilance de tous ceux qui sont attachés aux valeurs républicaines et à la dignité humaine. La Licra soutient les démocrates alsaciens qui combattent ceux qui inspirent ou exécutent de telles ignominies. » C'est
par l'adoption de cette motion sans ambiguïté que s'est achevée
la convention de la Licra, dimanche 30 janvier 2005. Une motion qui
revient sur les raisons profondes de la tenue de ses assises en
Alsace : quelque 400 tombes, en majorité juives et musulmanes,
souillées et profanées dans la région en 2004, des tags et des
réunions néo-nazis qui ne cessent de glorifier un sombre passé,
bref un regain de haine, de racisme et d'antisémitisme que la Licra
ne pouvait laisser passer sans réagir. D'où le souhait de Rodolphe
Cahn, président de la section mulhousienne de la Licra
d'organiser dans sa région cette grande réunion, avec le soutien
actif de l'autre section haut-rhinoise, celle de Colmar. Plusieurs
moments forts ont marqué cette convention, après les rapides
assemblées générales, ordinaire et extraordinaire, et la
réception offerte par la municipalité, représentée par l'adjoint
au maire Pierre Freyburger. Les
quelque 150 congressistes, rejoints par une centaine de personnes
intéressées venant de toute la région, ont pu suivre une
conférence-débat sur le thème « Racisme, antisémitisme, discrimination, la France en danger ». 
Membre du Haut-Conseil à l'intégration,
le sénateur-maire de Mulhouse Jean-Marie Bockel a expliqué qu'il fallait combattre toutes les formes d'exclusion mais il a aussi demandé à son auditoire de ne pas tomber dans le piège de « la culture de la victimisation » et que face à « la demande d'intégration, il fallait tenir un discours équilibré qui repose autant sur la main tendue que sur l'effort personnel ». Le sociologue Driss Ajbali
a quant à lui cherché à savoir pourquoi prospère « l'empire de la phobie dans une société qui gémit beaucoup », avant d'ajouter une note optimiste : si « nous sommes dans une période difficile, je crois dans le génie de notre pays pour se dépasser ».
Axant son intervention sur « le défi de l'islam » et rappelant
que la pratique de l'islam en France et en Alsace était globalement
marquée par un manque de culture qui favorise la naissance des
extrémismes, il a analysé la pratique religieuse au quotidien avant de reprendre la phrase de Jean-Pierre Chevènement qui appelait en son temps « à inviter l'islam à la table de la République » afin d'éviter comme l'a dit le sociologue « d'inviter la République à la table de l'islam ». Tout
droit venu de Paris, Philippe Bardiaux est venu parler de la Haute autorité chargée de la lutte contre les discriminations qui est en train de se mettre en place avec ses déclinaisons régionales. Benoît Normand, conseiller auprès du ministre de la Cohésion sociale, a
révélé les grandes lignes d'un nouveau plan élaboré par Jean-Louis Borloo
sur l'égalité des chances. Les mesures économiques seront placées sous le signe du volontarisme au niveau de l'embauche et non pas dans le cadre d'une discrimination positive. Chantal Risser, adjointe au maire de Mulhouse, a présenté le relais municipal de lutte contre les discriminations qui va fêter sa première année de fonctionnement et témoigne de l'utilité d'une telle structure.
La Colmarienne Magali Boumaza, docteur en sciences politiques, a dressé
un tableau détaillé et très documenté sur la jeunesse d'extrême-droite en
Alsace, sujet auquel elle a consacré six années d'études. Tableau peu réjouissant d'une jeunesse liée souvent à des partis
au double visage, qui affichent une vitrine légale mais peuvent avoir des relais au sein de groupuscules nettement plus extrémistes,
voire clairement néo-nazis. Enfin le député bas-rhinois Armang Jung lui a succédé sur le même registre en présentant sa proposition de loi qui permettrait aux élus locaux de mettre fin aux rassemblements clandestins de
nazillons. Autre
moment fort traditionnel de la convention, le dîner de gala du
samedi soir a été l'occasion pour les nombreux convives non
seulement de découvrir la bonne chère alsacienne et les excellents
vins que produit la région, mais aussi d'accueillir le président
du conseil régional d'Alsace, Adrien Zeller, dont le discours sans
ambiguïté et l'engagement volontariste contre les actes racistes
et antisémites et contre la réapparition de réunions néo-nazies
a su convaincre son audience.
Des
travaux plus classiques ont occupés la matinée de dimanche, avec
les rapports des commissions et l'expression libre des différentes
sections régionales, avant qu'un dernier bon repas ne viennent
clore une convention dont tout le monde semblait satisfait, tant au
niveau de l'organisation que de l'intérêt des travaux, sans
oublier une portée symbolique dont chacun avait une lourde
conscience. La
bonne tenue de cette convention n'aurait pu être assurée sans le
travail du bureau de la section mulhousienne et de son président
Rodolphe Cahn, mais aussi sans le soutien concret et apprécié du
conseil régional d'Alsace, de la Ville de Mulhouse, du
conseil général du Haut-Rhin, des sociétés Marx Spaenlin
Sometalor, Normalu Barrisol, Blenner Stratégie Label Vie, Macorest,
du journal L'Alsace, de l'association ATIR et de l'Association
départementale du tourisme, de la Société industrielle de
Mulhouse, sans oublier le Bistrot d'Oscar et les vins Paul Blanck
& Fils de Kientzheim qui ont fait du dîner de gala un rare
moment gastronomique, apprécié de tous.
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