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Alsace
Lundi 21
novembre 2005.- Deux
élus alsaciens du Front National, Patrick Binder et Xavier
Codderens, ont été condamnés à 5 000 euros d'amende chacun
pour provocation à la discrimination et à la haine raciale ou
religieuse par le tribunal correctionnel de Strasbourg. Les deux
hommes étaient poursuivis pour avoir diffusé en mars un tract
jugé discriminatoire à l'égard des musulmans pour dénoncer une
subvention du conseil régional à la construction de la grande
mosquée de Strasbourg. Les deux élus devront en outre verser 1
000 euros solidairement à la Licra (Ligue internationale contre
le racisme et l'antisémitisme) qui s'était
portée partie civile. Les deux hommes ont fait appel.
Vendredi 21
octobre 2005.- Le
conseiller régional Patrick Binder, leader alsacien du FN, a été
condamné pour « injures racistes » à une amende de 2000 euros
par le tribunal correctionnel de Mulhouse. Il devra verser 500
euros de dommages et intérêts à la Licra et 500 euros à un
français d'origine yougoslave auquel il avait déclaré lors
d'une altercation: « Ce qui me dérange c'est ta couleur de peau,
rentre chez toi, je lutte pour la discrimination raciale ». M.
Binder a nié à l'audience du 15 septembre avoir tenu de tels
propos. Le 17 septembre 2004 au soir, M. Binder et des élus FN s'étaient
rendus à Bisel (Haut-Rhin) pour coller des affiches demandant le
rétablissement de la peine de mort après les meurtres de deux
fillettes, en début d'été en Alsace. Une dizaine de jeunes étaient
alors arrivés et l'un d'eux, en scooter, avait été accroché
par la voiture des colleurs d'affiche qui tentaient de quitter les
lieux. Il aurait ensuite porté des coups de pied au véhicule de
l'élu. Appelés sur les lieux par M. Binder, les gendarmes
mentionneront dans leur rapport que l'élu frontiste a proféré
« des injures racistes » envers le propriétaire du scooter, un
français d'origine yougoslave, âgé de 25 ans.
Revue de presseMardi
3 mai 2005.- Elsass
Korps doit être le premier groupuscule néo-nazi à être dissous
au courant du mois de mai. Répondant ainsi en partie aux demandes
pressantes des élus alsaciens demandant l'interdiction totale des
rassemblements néo-nazis, Dominique de Villepin a décidé de
frapper un grand coup dans la fourmilière néo-nazie. D'après un
rapport des Renseignements généraux, le groupe de rock
identitaire alsacien serait constitué d'une cinquantaine de
militants plus ou moins actifs dans l'Est de la France.
Porte-drapeau de la scène bonehead (tête d'os), Elsass Korps prône
dans ses chansons l'antisémitisme et la
supériorité de « la race blanche » depuis une dizaine d'années.
Mardi 1er mars
2005.- «
Le Mois de l'Autre » est la réponse que l'Alsace a décidé de
donner aux actes racistes et antisémites et aux profanations, qui
l'ont marquée au cours des mois précédents. La Région et le
rectorat de l'académie ont en effet mis en place un dispositif
destiné à développer l'éducation et la sensibilisation des
jeunes à la tolérance, au respect, au civisme et à la lutte
contre toute forme de racisme, d'intégrisme, d'antisémitisme et
de xénophobie.
Vendredi 17
décembre 2004.- Au
cours du vote du budget de la Région Alsace, le FN a voté contre, contestant une subvention pour l'organisation d'une convention nationale de la LICRA (Ligue contre le racisme et l'antisémitisme) à Mulhouse.
Jeudi 16
décembre 2004.- Une Française, d'origine algérienne, s'est fait agresser près du supermarché Atac de l'avenue Aristide-Briand à Mulhouse. Cette femme de 39 ans avait été frappée plusieurs fois par deux individus, qui lui reprochaient de porter le foulard : « Tu te rends compte des problèmes que tu fais en France avec ta merde sur la tête ? », avaient lancé les deux agresseurs avant de la rouer de coups. Blessée, elle avait pu s'enfuir et se réfugier à l'intérieur du magasin. La Licra
a réagi : « La Licra ne peut accepter qu'une personne se fasse agresser sur un parking au seul motif d'avoir été voilée. La Licra s'associe à la plainte déposée par la victime de cette agression dont le caractère raciste semble indiscutable.»
Mardi 14
décembre 2004.-
Un bûcheron de la région mulhousienne, membre du FN, a été interpellé. Son écriture correspond aux inscriptions qui avaient souillé le cimetière juif de
Herrlisheim. Le parquet de Colmar, par la voix du procureur de la République Pascal Schultz, a annoncé qu'une «étape importante » avait été franchie dans l'affaire de la profanation du cimetière juif de Herrlisheim, près de Colmar, fin avril 2004. Un bûcheron de 24 ans, domicilié dans la région mulhousienne et dont l'identité n'a pas été révélée, a été interpellé.
Il a été mis en examen pour profanation de stèles par inscriptions à caractère nazi, provocation à la haine raciale (notamment par la phrase « Juden Raus», « les Juifs dehors »), et dégradations de biens destinés à l'utilité publique (portail du cimetière, tables de prière, monument aux déportés). Des délits passibles d'une peine de trois ans de prison.
Outre le cimetière de Herrlisheim, dont 127 stèles et monuments funéraires avaient été souillés par des symboles nazis et des inscriptions antisémites, plusieurs autres endroits de la région avaient été maculés de la même sorte : des piliers de ponts sur le CD 1 entre Sainte-Croix-en Plaine, Herrlisheim et Obermorschwihr, le pilier d'une sortie de l'A 35 à hauteur de Sélestat et un cabanon au club-house du golf de Rouffach.
Mardi 7
décembre 2004.- Un rabbin de Mulhouse a porté plainte après avoir été injurié par les élèves d'un collège où il se rendait à l'invitation d'enseignants, a révélé
la Licra. Le rabbin Elie Hayoun a esté en justice pour « injures racistes et antisémites », a précisé Me Rodolphe Cahn, président de la Licra
de Mulhouse, qui s'est constituée partie civile dans cette affaire. Le
rabbin devait intervenir au collège Bourtzwiller dans le « cadre d'un travail sur la connaissance réciproque des diverses religions », selon Me Cahn. En sortant de sa voiture, il a été injurié par des élèves se trouvant dans la cour et à l'intérieur de l'établissement qui l'ont notamment traité de « sale juif ». « Face à ces injures, le rabbin s'est réfugié dans son véhicule et quelqu'un du collège est venu lui dire qu'il valait mieux annuler sa visite », a poursuivi Me Cahn. La Licra a saisi le procureur de la République, le préfet du Haut-Rhin et le recteur de l'académie de Strasbourg de ces « événements inacceptables ». La Licra a également sollicité « expressément de l'État qu'il prenne les mesures qui s'imposent afin d'éviter la recrudescence de tels actes ».
Vendredi 3
décembre 2004.- Trois employés d'une entreprise de Molsheim (Bas-Rhin) ont été mis en examen pour « violences volontaires en réunion » à l'encontre d'un collègue camerounais qu'ils avaient ligoté à un poteau avec du ruban adhésif en janvier 2003.
Les trois hommes, âgés d'une vingtaine d'années, ont été placés sous contrôle judiciaire.
Cet employé, un ouvrier de 40 ans, ainsi que la Licra et la CFDT, avaient également porté plainte contre son employeur, la société Osram, et son chef d'équipe pour « discrimination raciale ».
Dimanche 28
novembre 2004.- Deux cérémonies de recueillement ont été organisées
aux cimetières juifs de Brumath et de Herrlisheim dont plusieurs dizaines de tombes ont été profanées.
Environ 200 personnes se sont recueillies en présence du ministre israélien chargé de la diaspora, Nathan Chtcharansky, au cimetière juif de Brumath où 92 tombes avaient été profanées fin octobre.
La cérémonie a essentiellement réuni des jeunes gens ayant participé au congrès de la jeunesse juive européenne dont les travaux étaient consacrés à la lutte contre l'antisémitisme.
Une autre cérémonie de recueillement avait été organisée le matin au cimetière juif
de Herrlisheim. Quelque 200 personnes y ont participé pour célébrer la fin du nettoyage des 127 tombes profanées en
avril entièrement financé par la Région Alsace.
Dimanche
21 novembre 2004.- Jean-Pierre Raffarin, lors de la cérémonie solennelle marquant le 60ème anniversaire de la libération de
Strasbourg, a fait allusion aux quelque 400 tombes juives, musulmanes, chrétiennes profanées en Alsace depuis avril. Il a promis une « extrême sévérité» pour les nostalgiques du racisme et de l'antisémitisme. « J'ai pu constater avec révolte que rompant avec la tradition nationale de respect des religions, certains extrémistes avaient profané des lieux de cultes et des cimetières de toutes confessions », a rappelé Jean-Pierre Raffarin.
Mardi 9
novembre.- C'est sur une nullité de procédure que la Licra a été déboutée
par la cour d'appel de Colmar, dans l'affaire qui l'oppose à Patrick Binder. La Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme avait porté plainte contre l'élu frontiste, suite à la parution, à l'automne 2003, du n° 2 de son journal « Le Petit Mulhousien », pour provocation et incitation à la haine raciale. En première instance au TGI de Mulhouse, Patrick Binder avait été condamné en avril dernier à 7500 d'amende et à la publication du jugement dans la presse locale. Il avait fait appel et l'affaire a été examinée à Colmar début octobre. La cour d'appel a retenu l'argumentation de l'avocat du Front national, Me Wallerand de Saint Just, qui soulignait l'imprécision de la citation du plaignant.
Me Rodolphe Cahn, avocat de la partie civile et président de la
section mulhousienne de la Licra se déclare surpris par l'arrêt de la cour d'appel et s'étonne qu'elle n'ait pas examiné l'affaire sur le fond. Il
se pourvoit en cassation.
Dimanche 7
novembre 2004.- Un millier de personnes ont défilé dans les rues de Strasbourg contre « l'antisémitisme, le racisme et toutes les discriminations »,
un peu plus d'une semaine après la découverte le 30 octobre de la profanation de 92 tombes marquées par des inscriptions antisémites, racistes et néo-nazies dans le cimetière juif de Brumath.
Samedi 30
octobre 2004.- Des dégradations dans le cimetière juif
de Brumath ont été découvertes. 92 sépultures ont été recouvertes d'inscriptions antisémites et néo-nazies.
Les profanations concernent essentiellement la partie la plus ancienne du cimetière, celle avec des stèles en grès.
Ce sont les mêmes croix gammées, les croix celtiques et les sigles SS,
cette fois-ci à la peinture bleue et noire. Mais il y a aussi des menaces comme ce « Bientôt des morts » tracé sur une pierre, bien en évidence. Sans parler de slogans abjects au fort relent d'antisémitisme. Les vandales se sont aussi attaqués au président du conseil régional, Adrien Zeller, l'accusant de « vendre l'Alsace aux Arabes ».
Samedi 7
août 2004.- Après la profanation (signée par un groupuscule néo-nazi) d'une quinzaine de tombes de soldats français musulmans au cimetière de
Cronenbourg, une cérémonie de recueillement de l'Association des franco-algériens et leurs amis, présidée par Mohammed
Guerroumi, a réuni une cinquantaine de personnes. Elle a été suivie de celle du Conseil régional du culte musulman avec le vice-président Abdallah Boussouf et une centaine de participants.
Mercredi
28 juillet 2004.- Une trentaine de tombes du cimetière juif de Saverne ont été découvertes souillées d'inscriptions.
Des croix gammées, des croix celtiques, des étoiles de David et un « 666 » (inscription satanique) ont été taguées à la peinture rouge et bleue sur ces tombes.Au total, près de 300 tombes juives, musulmanes ou chrétiennes ont été profanées en Alsace depuis le mois d'avril.
Mercredi
28 juillet 2004.- Une trentaine de tombes du cimetière juif de Saverne ont été découvertes souillées d'inscriptions. Cet acte odieux se rajoute à une litanie de profanations en Alsace.
Des croix gammées, des croix celtiques, des étoiles de David et un « 666 » (inscription satanique) ont été taguées à la peinture rouge et bleue sur ces tombes.
« Cette litanie de profanations est extrêmement inquiétante pour tout le pays. Où va-t-on lorsque les morts sont traités de la sorte ? », a condamné Raphaël
Nisand, président de la Licra. Au total, près de 300 tombes juives, musulmanes ou chrétiennes ont été profanées en Alsace depuis le mois d'avril.
Jeudi 24
juin 2004.- 55 tombes musulmanes du cimetière de Haguenau ont été barbouillées d'inscriptions racistes et de croix gammées. Des stèles ont aussi été jetées à terre.
Les tombes profanées sont celles de tirailleurs marocains et deux seulement datent de la guerre de 14-18.
Lundi 14
juin 2004.- Un cimetière a encore été souillé par des inscriptions nazies : à la Meinau, les tombes visées étaient musulmanes.
C'est l'employé municipal chargé de l'entretien qui a découvert la profanation du carré musulman du cimetière de la Meinau, une vaste nécropole du sud de Strasbourg accueillant des sépultures de toutes confessions mais aussi des carrés militaires de soldats de la Seconde Guerre mondiale. Au fond du cimetière, à l'abri des regards, loin de la rue, adossé à la forêt du Neuhof, le carré musulman accueille une centaine de sépultures. Dans la nuit de dimanche à lundi, plus de la moitié d'entre elles a été souillée à la peinture noire en bombe. Sur les stèles, des croix gammées ou, plus rarement, des croix celtiques ont été tracées. Sur les pierres tombales des inscriptions « Race blanche », « White power » mais aussi un « Adolf », des « HH » pour Heil Hitler ou encore des « 88 » qui signifient la même chose dans la sous-culture néo-nazie. La
Licra d'Alsace a jugé que la profanation de Strasbourg constitue un « véritable défi à l'ordre républicain ».
Samedi 12
juin 2004.- Une quinzaine d'inscriptions à caractère raciste et néo-nazies, ainsi que des insultes à l'encontre du maire, sont taguées sur des murs, des abris pour bus ou sur la voie publique à Wittersdorf.
Jeudi 3
juin 2004.- Deux élèves de 14 ans ont avoué aux gendarmes avoir tracé les inscriptions pro-nazies et racistes au collège du Nonnenbruch. Les gendarmes de Lutterbach et de la brigade de recherche de Mulhouse
avaient interpellé dans l'établissement trois élèves du collège du Nonnenbruch à Lutterbach dont les murs et le sol du préau avaient été découverts
le mardi 1er juin maculé d'inscriptions racistes et pro-nazies. Des croix gammées, des sigles H.H. et 88, ainsi que des inscriptions injurieuses ou des déclarations comme « Hitler nous t'attendons » avaient été inscrits à l'aide de bombes de peinture noire et bleue.
La Licra de Mulhouse que préside Rodolphe Cahn s'est portée partie civile pour affirmer « la solidarité nationale avec les victimes de l'antisémitisme et du racisme anti-musulman ».
Lundi 17
mai 2004.- Pas moins de 26 gendarmes étaient en position de surveillance et de
protection aux abords du cimetière de Herrlisheim, pour la venue du président du parlement israélien, Reuven Rivlin. Profitant de son passage au Parlement européen de Strasbourg, ce dernier a voulu se rendre compte par lui même de la profanation de 127 tombes au cimetière haut-rhinois dans la nuit du 29 au 30 avril.
Il a remercié l'État français pour sa lutte contre l'antisémitisme
Vendredi
30 avril 2004.- Des
inscriptions pro-nazies et antisémites ont été découvertes sur
127 tombes du cimetière israélite de Herrlisheim, près de
Colmar, suscitant une vague d'indignation et une réaction immédiate
du gouvernement qui a dépêché sur place le ministre de l'Intérieur
Dominique de Villepin. Des
croix gammées et celtiques ont été tracées sur les pierres
tombales, selon la gendarmerie. Sur une stèle installée à
l'entrée du cimetière et sur laquelle est inscrite une prière
en hébreu, a été tracée l'inscription "Juden raus"
(Les Juifs dehors). La stèle
était également recouverte d'un drapeau allemand portant
l'inscription "Ein Reich, Elsass, Sieg für den Führer"
(un empire, l'Alsace, victoire au Führer). Un autre drapeau
allemand placé entre deux tombes portait le slogan nazi "ein
Volk, ein Reich, ein Führer" (un peuple, un empire, un Führer).
Dans les jours qui ont suivi,
plusieurs manifestations et cérémonies ont été organisées.
Ainsi, jeudi 6 mai, une cérémonie oecuménique a réuni de 800
et 1200 personnes à Herrlisheim, avec notamment Jean-François
Collange, président du directoire de l'Église de la confession
d'Augsbourg d'Alsace et de Lorraine, Mgr Jean-Marie Lustiger, pour
l'Église catholique, le grand rabbin Joseph Sitruk pour les israélites
et Dalil Boubakeur pour les musulmans. L'archevêque de
Strasbourg, Mgr Joseph Doré, le grand rabbin du Haut-Rhin, Jacky
Dreyfus, le ministre de l'Éducation, François Fillon, la secrétaire
d'État aux Droits des victimes, Nicole Guedj, ont aussi pris la
parole. Une marche silencieuse
réunissant 400 personnes a également eu lieu à Herrlisheim le
samedi 8 mai, avec notamment une forte représentation de la
Licra.
Vendredi 8 avril
2004.- Le tribunal correctionnel de Mulhouse a rendu sa décision
le vendredi 8 avril dans l'affaire Patrick Binder qui, depuis, a
fait appel : le conseiller régional du Front national a été condamné à 7500 € d'amende pour « provocation à la haine raciale » et « diffamation raciale ». Il devra payer en outre 2000€ de dommages et intérêts et de frais d'avocats à la Licra
- qui avait déposé plainte contre lui - et au Mrap. Outre l'amende, les dommages et intérêts et les frais de justice dont il devra s'acquitter, l'élu du Front national a été condamné également à la publication à ses frais de l'intégralité du jugement dans la presse régionale.
« La Licra est satisfaite de cette décision et du fait que M. Binder soit qualifié de raciste par un tribunal, a déclaré Me Rodolphe
Cahn, président de la Licra Mulhouse et partie civile. De plus, la publication de l'intégralité du jugement dans la presse permettra à tous les citoyens d'être au courant. » Le 28 mars dernier, Patrick Binder, tête de liste du parti
lepeniste, a été réélu au conseil régional d'Alsace avec 22 % des suffrages.
Mardi 6
avril 2004.- Le directeur d'un hôtel Formule 1 de Besançon (appartenant au groupe Accor) accusé de discrimination raciale par ses employés, a été suspendu à titre conservatoire par sa direction.
L'accusation est portée par l'un des employés de l'hôtel qui affirme que le directeur de l'hôtel, en poste à Besançon depuis octobre 2003, refuse de louer des chambres aux personnes d'origine étrangère, dont il rejette également les demandes d'emploi. Son témoignage est confirmé par trois des cinq autres salariés de l'hôtel, hors équipe de direction, dont les attestations ont été versées à un dossier de plainte qui sera déposé «sous huit à dix jours », selon Me Randall Schwerdoffer, avocat de l'employé à l'origine de l'accusation.
Mardi 23
mars 2004.- La Licra a porté plainte pour discrimination raciale contre Chronopost, filiale de colis express de La Poste, et sept de ses entreprises
sous-traitantes. « Il a été porté à la connaissance de notre association que de nombreuses entreprises sous-traitantes ont été contraintes ou incitées à ne pas faire exécuter les prestations sollicitées par Chronopost par des salariés de nationalité étrangère », indique la plainte déposée par Me Raphaël Nisand, également président de la Licra du Bas-Rhin, auprès du procureur de la République de Strasbourg. L'avocat a joint à sa plainte les photocopies d'attestations dans lesquelles les chefs d'entreprise attestent « sur l'honneur ne pas avoir l'intention de faire appel à des salariés de nationalité étrangère pour l'exécution du contrat ».
Jeudi 26
février 2004.- Patrick Binder, élu du Front national, conseiller régional et candidat aux prochaines élections, a comparu en audience correctionnelle au tribunal de Mulhouse pour discrimination et incitation à la haine raciale. Au départ de cette affaire, une publication dont il est l'auteur, le n° 2 de son journal électoral Le Petit Mulhousien, distribué dans la région mulhousienne à l'automne 2003. La Licra
a porté plainte contre Patrick Binder, estimant que « la publication tout entière en ses quatre pages constitue un délit de provocation à la discrimination et à la haine raciale ». Le Mrap (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples) se porte également partie civile.
Me Rodolphe Cahn, président de la Licra Mulhouse, reprend point par point les écrits et dessins du journal de Patrick Binder, pour démontrer leur caractère diffamatoire, dénonce un « brûlot raciste », de la part d'un élu de la République dont il réclame l'inéligibilité.
Son confrère du Mrap, Me Ralph Blindauer, constate : « Il n'y a pas un mot qui ne transpire la haine. À partir du moment où on dénie à un homme son humanité, tout est permis»
Le procureur adjoint Michel Defer a requis une peine modérée : une amende de 20000€ et la publication du jugement dans la presse locale et au J.O.
La décision du tribunal a été mise en délibéré jusqu'au 8 avril.
(lire
le compte rendu complet de l'audience)
Vendredi
14 février 2004.- Le maire de Strasbourg, Fabienne Keller, et le président de la Communauté urbaine, Robert Grossmann, ont profité des «Conversations à Strasbourg », qui donnent tous les deux mois la parole à des écrivains européens, pour cosigner un appel « contre l'extrémisme ». «L'idéologie du FN est à l'opposé de nos convictions », a souligné
Robert Grossmann, en faisant référence à la venue de Jean-Marie Le
Pen à Strasbourg pour un meeting. En l'absence Fabienne Keller, il a lu un texte d'une page, rappelant qu'« au cours de leur Histoire, Strasbourg et le continent européen ont payé un lourd tribut à la haine, au racisme et à l'exclusion ». « Nous proclamons qu'à Strasbourg, en France et en Europe, certaines idées n'ont pas droit de cité dans l'espace
public : racisme, antisémitisme, appels à la haine, rejet de l'autre », a-t-il ajouté.
Vendredi
12 décembre 2003.- La Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme a assigné en justice
à Mulhouse le conseiller régional FN Patrick Binder. La Licra a lancé cette assignation à la suite de la publication et la distribution du « Petit Mulhousien», un journal de quatre pages dans lequel elle a relevé des éléments qui constituent selon elle «une provocation à la discrimination, à la haine, à la violence à l'égard d'un groupe de personnes en raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion ». La plainte est aussi déposée pour «diffamation publique en raison de la race, de la religion ». Patrick Binder, tête de liste FN aux prochaines régionales, est appelé à comparaître le
26 février 2004 devant le tribunal correctionnel de Mulhouse. La Licra demande 2000 euros de dommages et intérêts ainsi que la publication du jugement dans la presse.
Vendredi 7
novembre 2003.- L'Union des étudiants juifs de France (UEJF), qui réunit sa convention nationale à Strasbourg jusqu'au 11 novembre sur le thème « Les enfants de la République», s'engage contre l'extrémisme et le communautarisme. Environ 300 étudiants
sont venus de toute la France. Participent également à ces journées les représentants de mouvements de jeunesse politique (UMP Jeunes, UDF Jeunes, Mouvement des jeunes socialistes, SOS Racisme, Convergences,...) Yonathan Arfi, président de l'UEJF, a rappelé les trois identités de l'organisation : communautaire, syndicat étudiant, organisme de lutte contre le racisme et l'antisémitisme. Il a souligné en particulier que l'union, fondée en 1944 dans la Résistance,
avait toujours exprimé ses positions en se fondant sur le principe de laïcité.
Il a affirmé notamment que l'UEJF avait un message clair : « A l'école publique, ni voile, ni kippa. »
Mercredi
15 octobre2003.- la section mulhousienne de la Licra a apporté son soutien au principal du collège Charles
Walch de Thann, qui maintient la mesure disciplinaire qui interdit à la collégienne
voilée de 12 ans de pénétrer dans les bâtiments du collège. Pour Rodolphe Cahn, président de la section mulhousienne et avocat, cette situation s'inscrit dans la droite ligne des affaires de foulard rencontrées depuis les années 80.
Jeudi 2
octobre 2003.- À Mulhouse, un film palestinien "Jenin... Jenin", réalisé par un Arabe Israélien, Mohammad Bakri,
programmé par le cinéma Bel Air, est annulé à la suite de
pressions de l'adjoint à la Culture, Michel Samuel-Weis, qui a expliqué qu'il avait reçu des lettres du consistoire israélite du Haut-Rhin, disant que si nous passions ce film, on risquait des troubles de l'ordre public.
Jeudi 7 août
2003.- Le directeur de l'hôtel "Le roi
Soleil" à Kingersheim a été relaxé par le tribunal
correctionnel de Mulhouse à la suite d'une plainte du président
de la Licra Mulhouse, Rodolphe Cahn (cf ci-dessous, jeudi 19 juin).
La Licra et le parquet pourrait faire appel.
Vendredi
20 juin 2003.- La Licra de Mulhouse a saisi le procureur de la République
contre un site web alsacien traitant notamment du tourisme et de la fête de la musique. En bas de la page d'accueil de ce site,
ont trouvait la phrase suivante : "Si toutefois, il y aurait un youpin qui désirerait mettre un lieu sur son site vers le notre, il en a le droit et nous lui encourageons à mettre cette bannière sur son site. Merci à ce youpin !"
(sic). Pour Me Rodolphe Cahn, président de la Licra Mulhouse, qui
a alerté le procureur et le préfet, cet écrit semble être constitutif des infractions d’incitation à la haine raciale et en tout état de cause d’injures raciales.
La gendarmerie a confirmé que le site émanait d'un jeune d'Hartmannswiller
et que ce dernier a immédiatement fait le nécessaire pour supprimer la phrase litigieuse et qu'il présente ses excuses.
En l' état, le dossier a été transmis au procureur de Colmar territorialement compétent.
Jeudi 19
juin 2003.- Le directeur de l'hôtel "Le roi
Soleil" à Kingersheim s'est retrouvé devant le tribunal
correctionnel de Mulhouse à la suite d'une plainte du président
de la Licra Mulhouse, Rodolphe Cahn. Le directeur est accusé d'avoir refusé, à deux reprises, de louer des chambres d'hôtel à des clients aux noms à consonance maghrébine. Le responsable de l'hôtel a prétexté que l'établissement était plein, alors que dans le même temps, il louait des chambres à des clients ayant des noms à consonance française. Tout d'abord le 7 janvier 2002 ou, entre 20h et 21h, quatre clients se voyaient refoulés tandis que deux autres obtenaient ce qu'ils demandaient. Le 29 janvier ensuite, en présence d'un huissier de justice cette fois, un client ayant un patronyme arabe était refoulé peu avant 19 h tandis qu'un client ayant un nom français recevait une chambre.
C'est à la suite de la saisie de la Licra par l'adjointe du directeur de l'hôtel,
que le premier test a été réalisé. La Licra a ensuite porté plainte
et a obtenu une ordonnance de requête auprès du président du tribunal de grande instance pour un second test (le 29 janvier 2002) en présence d'un officier ministériel.
Le procureur Michel Defer a demandé la condamnation du prévenu à 5 000
€ d'amende et la publication du jugement dans les journaux. Le jugement
est mis en délibéré au 7 août.
Samedi 14
juin 2003.- Un restaurateur de la Krutenau a découvert des étoiles de David peintes sur les portes de son établissement. La police a été aussitôt prévenue et s'est rendue sur place pour effectuer les constatations. Le restaurateur avait déjà déposé plainte à la suite de plusieurs insultes antisémites proférées au téléphone par un inconnu.
Mercredi
11 juin 2003.- Un violoniste de l'orchestre philharmonique de Strasbourg
a obtenu l'autorisation de ne plus avoir à interpréter d'opéras de Richard Wagner. Le musicien, qui dit ne plus supporter la musique du concepteur de la Tétralogie, mettait en avant depuis plusieurs années sa conscience et sa foi chrétienne pour expliquer son refus de jouer les partitions « d'un compositeur connu pour son antisémitisme et dont
l'œuvre véhicule une religion païenne ». La direction administrative de l'orchestre lui a donné son accord à l'issue d'un entretien qui s'est tenu en présence d'un avocat, représentant de la
Licra du Bas-Rhin. Le violoniste ne pourra cependant pas se faire remplacer pour l'interprétation d'extraits symphoniques.
Dimanche
18 mai 2003.- Quelque 500 personnes se sont rassemblées
à Strasbourg à l'appel du CRIF Est (Conseil représentatif des institutions juives de France) pour dénoncer le racisme et l'antisémitisme en France. "Il faut mettre aujourd'hui hors la loi tout sentiment de xénophobie et d'antisémitisme", a déclaré Jean Kahn, président du consistoire central et du consistoire israélite du Bas-Rhin, qui s'exprimait à la tribune devant une banderole "Vive la République - A bas l'antisémitisme".
"Nous demandons que des sanctions exemplaires et dissuasives soient prises contre les auteurs d'agressions racistes, antisémites et xénophobes", a ajouté Pierre Lévy, délégué régional du CRIF.
D'autres intervenants tels que Pierre Dreyfus, président du consistoire israélite du Haut-Rhin, ont appelé à la vigilance et à « un sursaut républicain», car comme disait Raphaël Nisand, président de la LICRA du Bas-Rhin, « le fléau du racisme est loin d'être extirpé et
l'antisémitisme avance aujourd'hui masqué sous les oripeaux de l'antisionisme ».
Samedi 3
mai 2003.- Des associations et des particuliers ont engagé une procédure pour demander l'annulation d'une mesure de réparation dont bénéficie un Strasbourgeois, fils d'un Juif exécuté pendant la guerre.
Jean-Claude Meyer avait été le premier orphelin de Juif exécuté sur le territoire national à bénéficier d'une rente qui s'aligne sur les réparations prévues pour les enfants de juifs, morts en déportation.
Quatre associations et 22 particuliers ont engagé une requête contre un excès de pouvoir qui «redouble l'offense aux valeurs de la Résistance et de la République en accréditant le critère racial pour l'indemnisation des orphelins de déportés » et vise, par voie de conséquence, Jean-Claude Meyer, bénéficiaire de cette rente.
Son avocat ne peut s'empêcher d'y voir des relents d'antisémitisme.
Mardi 15
avril.- Henri Dreyfus, conseiller général (PS) de Strasbourg,
a adresser une lettre au préfet, Michel Thenault, pour lui faire part de son «inquiétude quant à la montée de l'antisémitisme dans notre pays ».
M. Dreyfus écrit avoir trouvé « inadmissible » que des slogans comme « Sharon, Bush, Hitler, où est la différence ? » aient été clamés notamment lors d'une manifestation organisée le samedi 5 avril à Strasbourg.
Mercredi 9
avril 2003.- Plus de 500 personnes ont répondu à
l'invitation des sections de Colmar et Mulhouse de la Licra, en
partenariat avec le journal "L'Alsace" pour une double
conférence, dans les deux villes, sur le thème "Le moine,
l'imam et le rabbin", avec trois invité représentant
chacune des religions. Un réel succès pour cette
rencontre/débat marquée par la tolérance et le dialogue
interreligieux.
Mardi 8 avril 2003.- La cour d'appel a
relaxé le conseiller régional d'Alsace d'abord, Christian Chaton, également élu municipal de
Sainte-Marie- aux-Mines. L'affaire venait d'un tract diffusé dans plusieurs communes des cantons de Kaysersberg et de
Munster et intitulé «Islamistes hors de France». Suite à une information, puis à une plainte de la Licra, Christian Chaton avait été
condamné en première instance, le 19 décembre dernier, à 3000 E d'amende, à deux ans inégibilité et à la publication du jugement dans les journaux locaux.
La cour d'appel a relaxé Christian Chaton au motif que l'action était prescrite. Le délai de prescription pour ce type d'affaires est de trois mois. Si l'information judiciaire
a été ouverte le 26 février 2002, le prévenu a avancé qu'il avait commencé à distribuer son tract à quelques amis dès septembre. La Ligue des droits de l'homme, représentée par Me Broglin, a décidé d'introduire un pourvoi en cassation. Elle ne sera pas suivie par la Licra.
Vendredi
29 mars 2003.- Les parents d'un jeune lycéen de 17 ans, victime à trois reprises en trois mois d'injures à caractère antisémite, ont déposé une plainte avec constitution de partie civile, à Strasbourg.
Le garçon rentrait de l'école lorsque trois personnes l'ont insulté alors qu'il passait devant l'arrêt de tram de l' avenue de la Paix. Fin février déjà, trois autres jeunes avaient verbalement pris à partie l'adolescent.
Vendredi
21 mars 2003.- A Strasbourg, la Journée internationale contre le racisme était placée sous l'égide de la
Licra, en partenariat avec le Mouvement rural de la jeunesse chrétienne et le conseil départemental des jeunes.Les organisateurs ont programmé un concert place de la Gare. Le message de tolérance était malgré tout dans les têtes : « Le racisme est un problème crucial », a
insisté Raphaël Nisand.
Mercredi
19 mars 2003.- Tandis que, depuis Paris, le ministre Luc Ferry conseillait aux chefs d'établissement de déposer plainte, en cas de faits antisémites ou racistes, en estimant que les tensions communautaires allaient « inévitablement » être ravivées par une guerre contre l'Irak, le recteur Gérald Chaix se trouvait hier, avec trois classes du lycée Kléber de Strasbourg, à Auschwitz, à l'invitation du Consistoire israélite. Autre manière d'illustrer la « semaine », dédiée à ces thèmes, le lycée Blaise-Pascal de Colmar, a organisé diverses activités, avec l'appui du centre socioculturel Colmar-Europe, de la Licra, de la compagnie Quartier rose, de la Ligue des droits de l'Homme, ou encore de l'Association des travailleurs marocains.
Vendredi
28 février 2003.- Pierre Lévy, représentant du CRIF en Alsace, a
tenu à dénoncer l'agression d'un jeune étudiant de 16 ans à Strasbourg. L'adolescent aurait été passé à tabac par trois jeunes hommes du fait de son appartenance à la communauté juive. C'est le deuxième incident de ce type au cours du mois de février, puisque, toujours selon le CRIF, un incident antisémite avait été déploré lors d'une rencontre sportive dans la banlieue strasbourgeoise.
15 janvier
2003.- Raphaël Nisand, président de la Licra
Strasbourg, a envoyé un courrier au procureur de la République, Jacques Louvel, pour dénoncer la présence de dessins à caractère antisémite dans la cave d'un immeuble du quartier des Ecrivains, à Schiltigheim. Ce dessin est accompagné d'une inscription « Vive Ben Laden ».
23
décembre 2002.- Un homme de 32 ans a été condamné à 18 mois de prison ferme par le tribunal correctionnel de Strasbourg pour avoir violemment frappé un inspecteur du permis de conduire qui venait de le recaler à l'examen pour la seconde fois.
Il devra également verser 2.300 euros de provision sur les dommages et intérêts dus à la victime, dont le montant global devra être déterminé par les experts médicaux. Le tribunal ayant retenu le caractère raciste de l'agression - le prévenu avait traité l'inspecteur, d'origine martiniquaise, de « sale nègre» -, il a également condamné
le prévenu à verser 380 euros de dommages et intérêts à la
Licra, plus 300 euros pour les frais de procédure.
19
décembre 2002.- Le conseiller régional alsacien
Christian Chaton, membre d'Alsace d'abord et ancien membre du MNR,
est condamné à deux ans d'inéligibilité et à 3000 €
d'amende pour provocation à la discrimination nationale, raciale
ou religieuse. Il doit en outre verser 800 € à la Licra et 1
€ à la Ligue des droits de l'Homme, toutes deux parties civiles
dans l'affaire.
Les poursuites concernaient un tract intitulé "Islamistes
hors de France" faisant un dangereux amalgame entre Islam et
islamisme.
19
décembre 2002.- Poursuivis pour apologie de crime
contre l'humanité, deux jeunes originaires de la région
parisienne ont été condamnés par le parquet de Saverne pour
avoir inscrits des propos négationnistes dans le livre d'or de
l'ancien camp de concentration du Struthof. Me Raphaël Nisand,
pour la Licra, partie civile, a relevé le fait qu'ils étaient
venus au Struthof uniquement pour écrire "ces phrases extrêmement
choquantes". Les deux jeunes évoluaient dans la mouvance
d'Unité Radicale, le mouvement dissout aujourd'hui auquel
appartenait Maxime Brunerie, l'auteur de l'attentat raté contre
le président, extrémiste que connaissait d'ailleurs l'un des
accusés. Le tribunal a condamné chacun des deux prévenus à 100
jours amende à 50 €, à 1 € symbolique à la Licra et à 600
€ chacun au titre des frais de procédure. Ils ont fait appel du
jugement, tout comme le parquet de Saverne et la Licra.
28
novembre 2002.- Le conseiller régional d’Alsace -
non inscrit - Yvan Blot, un ancien membre du bureau politique du
Front national qui avait quitté ce parti en janvier 2000, a
obtenu sa carte de l’UMP. "La LICRA s’insurge
contre de tels recyclages. Il est vital de tracer un cordon
sanitaire autour de l’extrême droite et de ses chefs", a
commenté Raphaël Nisand, président de la section du Bas-Rhin de
la LICRA. "M. Blot n’a rien renié de ses anciennes
convictions", a assuré ce dernier.
12
novembre 2002.- Martine Bernheim, responsable nationale de la
LICRA, a animé à Colmar une soirée débat autour du film "Une résistance oubliée… la
Mosquée", qui retrace l'action de la résistance musulmane à Paris, action généralement méconnue du grand public.
Vendredi
18 octobre 2002 .- À 90 ans, Lucie Aubrac, la résistante, est toujours habitée par la même volonté : témoigner de ce qu'elle a vécu durant la guerre.
Répondant à l'invitation de Françoise Dietrich, professeur d'histoire-géographie au lycée d'Altkirch,
elle a tenu en haleine près de 500 lycéens qui l'ont écoutée avec
ferveur parler de son action passée et de la lutte contre tous
les racismes.
14 septembre 2002.-
Ils étaient 15 000 à Fribourg, un bon millier à
Potsdam, dans l'ancienne RDA: à l'appel de la fédération
syndicale DGB, des rassemblements ont eu lieu dans ces deux villes
pour « noyer » des manifestations du parti néo-nazi NPD.
Objectif largement atteint: les extrémistes étaient 70 à
Potsdam et 107 à Fribourg. Dans la cité du Bade-Wurtemberg, le
NPD affirmait manifester contre la mondialisation, tandis qu'au
Brandebourg son mot d'ordre était moins travesti : « En finir
avec l'émigration de masse des juifs russes - l'Allemagne aux
Allemands ». La journée, placée sous le mot d'ordre «Fribourg
se lève contre la haine vis-à-vis des étrangers et la folie
raciale », avait commencé à 11 h, sur la place de l'Ancienne
Synagogue, avec la participation de voisins venus d'Alsace.
22 août 2002.- Les
enquêteurs s'interrogent après la découverte dans l'appartement d'un couple de
Mutzig de 16 000 cartouches prêtes à l'emploi, 8000 douilles, 9850 amorces, 14 000 ogives, 8 kg de poudre, deux presses, un chaudron
et plusieurs appareils de moulage. Soit le kit complet pour fabriquer des munitions. Outre l'attirail destiné à la confection des munitions, les policiers ont retrouvé sur les lieux une vingtaine d'armes à feu, quatre barrettes de résine de cannabis, et des documents néo-nazis et révisionnistes. Les premiers seraient édités par un mouvement néo-nazi américain, les autres portaient sur les chambres à gaz et le massacre d'Oradour-sur-Glane. D'où une des questions qui se posent aux enquêteurs : à qui étaient destinées ces munitions?
14 août 2002.-
Le théologien strasbourgeois Étienne Trocmé est décédé à
l'âge de 78 ans. Le Pr Trocmé avait présidé de 1979 à 1998 la section
bas-rhinoise de la LICRA et présidait toujours le collectif d'accueil des solliciteurs d'asile de Strasbourg (CASAS).
23 juillet 2002.-
L'Observatoire européen des phénomènes racistes et xénophobes
a créé un " Prix Jean Kahn " pour rendre hommage à
celui qui en fut le président fondateur. Ce prix veut
récompenser annuellement une personne s'étant illustrée dans la
défense des droits de l'Homme, la lutte contre le racisme, la
xénophobie et l'antisémitisme, tout en faisant preuve de
capacités de dialogue et de persévérance. Le prix d’un
montant de 25 000 euros, sera attribué à partir de 2003.
1er mai 2002.-
On se souviendra du 1er Mai 2002 comme d'un moment historique en
Alsace : entre 15 et 20 000 personnes ont défilé à Strasbourg
et plusieurs milliers à Colmar et Mulhouse. Mêlant, comme
partout ailleurs, lutte syndicale au refus de l'extrême droite.
Strasbourg a même connu une affluence record hier : 15 000
personnes selon la police, 20 000 selon les organisateurs ont
répondu à l'appel non seulement des syndicats, mais aussi des
partis politiques, des associations et des organisations de lutte
pour les Droits de l'homme. Et ce, malgré une pluie tenace, qui
n'a pas cessé durant les deux heures et demie de défilé. Des
airs entrecoupés de l'indicatif de Radio Londres, qui servait de
contrepoint à des extraits du programme de Jean-Marie Le Pen ou
des citations pour lesquelles il a été poursuivi et condamné
par la justice.
À Mulhouse, la
mobilisation contre le Front national a également
considérablement grossi les rangs du défilé du 1er Mai : ils
étaient 3500 selon la police, 6000 d'après la CGT. En fait,
autour de 4500 dans la rue. Cortège bon enfant, où toutes les
générations se côtoyaient, où les " individuels "
étaient aussi nombreux que ceux qui défilaient derrière une
banderole syndicale.
À Colmar, pour ne pas oublier que le 1er Mai est d'abord la fête
du travail, les syndicats ont ouvert la marche du cortège, parti
près de la Petite Venise : au total, une quarantaine
d'organisations colmariennes, ce qui donnait 1600 personnes selon
la police, pas loin de 3000 selon les organisateurs. La foule
s'est dispersée vers midi, après deux heures de défilé. En
même temps, une cinquantaine de personnes s'étaient rassemblées
sur la place de la Victoire à Sélestat, à l'appel de diverses
associations, tout comme à Guebwiller et Wissembourg.
15 avril 2002.- Un
SDF de 33 ans était jugé en comparution immédiate à Mulhouse
après avoir fait un scandale dans un café de la rue de la Sinne,
parce que " la tasse de café n'était pas assez grande pour
y tremper sa baguette " et que le jus d'orange n'était pas
de l'orange pressée. Il était aussi poursuivi pour des violences
et des outrages contre les policiers qui étaient ensuite
intervenus et qui ont eu des incapacités totales de travail de
deux et cinq jours. Pour les outrages, il a prétendu que c'est
faux : " Je ne sais pas pourquoi les agents ont porté ça
sur mon dos ". Comme elles étaient à caractère raciste, Me
Rodolphe Cahn s'est constitué partie civile pour la Ligue
internationale contre le racisme et l'antisémitisme. " De
tels propos tenus à l'encontre des policiers ou de tous les
autres citoyens sont intolérables et doivent être sanctionnés
", a-t-il plaidé en demandant l'euro symbolique. Jugement :
deux mois de prison ferme. Mais le tribunal présidé par Fernand
Kato a déclaré la constitution de partie civile de la Licra
irrecevable par le fait que le prévenu était poursuivi pour
outrages, qu'il n'a pas requalifiés en injures à caractère
racial.
10 avril 2002.-
Une soixantaine de personnes se sont rassemblées place de la
Réunion à Mulhouse, à l'appel d'un collectif de cinq
associations, pour dire leur refus du racisme, de l'antisémitisme
et du communautarisme. " Nous, citoyens soucieux de la
défense des valeurs républicaines et des droits de l'homme,
entendons exprimer notre réprobation, notre rejet et notre
dégoût face à la série d'actes et d'agressions à caractère
raciste et antisémite, qu'ils s'agissent des incendies de
synagogues, de profanation de cimetières, de mise à sac d'une
librairie au seul motif qu'elle abrite le siège d'une association
de soutien au peuple palestinien ou encore, d'agressions physiques
contre des femmes et des hommes au seul motif de leur appartenance
à une religion qu'elle soit juive ou musulmane ! Lutter contre le
racisme et l'antisémitisme, c'est refuser l'enfermement
communautaire. " Cet appel était lancé par la Ligue de
l'enseignement, la Ligue des droits de l'Homme, la Licra, la FCPE
et le collectif Démocratie-Citoyenneté- Solidarité.
9 avril 2002.-
La LICRA s'est constituée partie civile dans l'affaire de la
bombe artisanale déposée au cimetière de Strasbourg -
Cronenbourg. Deux jeunes du quartier ont été interpellés puis
mis en examen et écroués.
2 avril 2002. - Le Procureur de la République de Colmar a décidé d'ouvrir
une information judiciaire confiée au juge d'Instruction Galland
suite aux poursuites dirigées contre Christian Chaton, conseiller
régional élu sous l'étiquette MNR. Dans cette affaire qui
concerne un tract, la LICRA s'est constituée partie civile. |
Monde
- France
Vendredi
16 décembre 2005.- Un
jeune homme de 25 ans qui avait profané en novembre 2004 le
cimetière de Genlis en Côte d'Or avec des inscriptions racistes
et nazies, a été condamné à trois ans d'emprisonnement dont 30
mois avec sursis par le tribunal correctionnel de Dijon. Le jeune
homme a aussi été condamné à verser notamment 530 € à la
commune de Genlis au titre des dommages matériels, 500 € à la
Licra pour le dommage moral, et 500 € pour chacune des trois
familles qui s'étaient constitué parties civiles.
Vendredi
19 août 2005.- Le
pape Benoît XVI, le successeur de Jean-Paul II, a accompli un
geste historique en se rendant à la synagogue de Cologne.
L'occasion pour Benoît XVI de revenir sur "la folle idéologie
raciste" qui déboucha sur la Shoah et de lancer un appel
pressant à la vigilance face à la résurgence actuelle de
l'antisémitisme.
Dimanche
24
juillet 2005.- La police a
interpellé un adolescent au lendemain de l'agression commise
contre une école juive à Paris. Trois bouteilles contenant de
l'acide chlorhydrique avaient été jetées sur l'école Sinaï
dans le XVIIIe arrondissement de la capitale, sans faire de blessés.
Mercredi
1er juin 2005.- La Licra dénonce,
dans une enquête rendue publique, le racisme sur les stades. 219
communes sur les 589 contactées ont accepté de répondre à
cette enquête. Près d'une commune sur deux (48 %) témoigne
connaître des problèmes de racisme dans le sport que ce soit
dans un cadre professionnel ou amateur. Le football est le sport
le plus touché par ces dérives : en effet, plus de 90 % des cas
de racisme ont été observés dans le milieu du ballon rond. Les
incidents peuvent prendre des formes très diverses : cris de
singe, insultes, tags et banderoles racistes… Ils peuvent être
organisés ou pas. Les victimes de ces actes sont en priorité les
Maghrébins, puis les Africains et Antillais, les juifs et les
homosexuels.
Lundi
18 avril 2005.- La discrimination
raciale, en particulier contre les jeunes issus de l'immigration,
est en cause dans un tiers des dérapages policiers en 2004, un phénomène
qui a doublé depuis 2001. Le constat figure dans une étude publiée
par la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS).
Samedi
26 mars 2005.- La Fédération
française de football (FFF) et le ministère de l'Intérieur
lancent, à l'occasion de la rencontre France-Suisse au Stade de
France, une campagne visant à lutter contre toutes les
discriminations. Cette campagne de promotion du partenariat entre
la Fédération et le ministère est intitulée: «La France est
plus forte avec toi». «Ce partenariat a pour objectifs majeurs
de lutter contre la violence dans les stades, le racisme, l'antisémitisme,
la discrimination et de favoriser l'égalité des chances», précise
la FFF.
Dimanche
20 février 2005.- Une cannette incendiaire a été à
l'origine d'un début d'incendie du wagon témoin du camp de
Drancy, dans la banlieue nord de Paris, suscitant une vive
indignation de la communauté juive. Parallèlement, une douzaine
de croix gammées tracées à l'encre noire, assorties des mots «
dégagez » et « SS » ont été découvertes sur le mur
d'enceinte de la Mosquée de Paris, dans le 5e
arrondissement.
Lundi
17 janvier 2005.- 1513 actes racistes ou antisémites ont été commis en France en 2004, enregistrant une augmentation de 81,63 %, selon le ministre de l'Intérieur. En 2003, 833 actes racistes ou antisémites avaient été dénombrés et il y en avait eu 1313 en 2002. Parmi les actes dénombrés l'an dernier, 361 sont qualifiés de « violents ». 950 ont revêtu un caractère antisémite, dont 199 qualifiés de « violents » contre 601 agressions ou menaces antisémites en 2003. Sur l'ensemble, près de la moitié (41,97 %) ont été commis en Ile-de-France (663 faits, dont 551 antisémites). Derrière cette région, Rhône-Alpes puis PACA sont celles où ont été commis le plus d'actes antisémites tandis que l'Alsace et la Corse suivent l'Ile-de-France pour les actes racistes. Au total, 307 personnes ont été interpellées dans ce domaine, dont 182 pour actes antisémites.
Mercredi
12 janvier 2005.- Interrogé, dans l'hebdomadaire d'extrême droite Rivarol, sur les commémorations de la fin de la Seconde Guerre mondiale, Jean-Marie Le Pen juge qu'« en France du moins l'occupation allemande n'a pas été particulièrement inhumaine même s'il y a eu des bavures inévitables dans un pays de 550.000 km²». Le président du FN affirme que « si les Allemands avaient multiplié les exécutions massives dans tous les coins comme l'affirme la vulgate, il n'y aurait pas eu besoin de camps de concentration pour les déportés politiques ». « Frappé par l'offense que M. Le Pen porte ainsi aux victimes, à leurs familles, aux anciens combattants, aux déportés, à tous ceux qui ont souffert dans cette période noire », le ministre de la Justice Dominique Perben a demandé une enquête préliminaire au Parquet de Paris. Le ministre délégué aux Anciens Combattants, Hamlaoui Mékachera, a qualifié ces déclarations de « nouvelles provocations », « contraires à la plus élémentaire vérité historique ».
Le premier secrétaire du PS François Hollande a dénoncé des propos « révisionnistes », qui, pour la
Licra, «n'inspirent que mépris et dégoût ».
Mercredi
5 janvier 2005.- Les États-Unis s'inquiètent de la montée de l'antisémitisme, dans un rapport publié par le département d'État, qui cite notamment l'Europe pour la gravité de ce phénomène. « La fréquence croissante et la gravité des actes antisémites, particulièrement en Europe, ont amené la communauté internationale à se pencher sur l'antisémitisme avec une énergie renouvelée », affirme ce document. «L'antisémitisme est une tare intolérable », poursuit ce rapport qui passe en revue de nombreux pays, mais pas les États-Unis. Reprenant des documents de l'Union européenne elle-même, le rapport cite la France, l'Allemagne, la Grande-Bretagne, la Belgique et les Pays-Bas comme les pays de l'UE où cette augmentation est la plus notable. Mais il reconnaît que les pouvoirs publics français se sont mobilisés pour combattre les actes et manifestations antisémites.
Mardi
4 janvier 2005.-
Un élève d'un lycée de Montreuil (Seine-Saint-Denis) a été exclu définitivement de son établissement pour avoir tenu des propos antisémites lors d'un voyage scolaire au camp de concentration nazi
d'Auschwitz. Il a été renvoyé pour avoir dit à propos des juifs, le 24 novembre, lors de ce voyage scolaire : « Ils ont bien fait de les brûler ». Le lycéen a fait appel de son exclusion. Il a été scolarisé dans un autre établissement après le conseil de discipline.
Mercredi
22 décembre 2004.- Le Parlement a créé
la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (HALDE) et mis en place des dispositifs contre l'homophobie et le sexisme. La nouvelle loi donne compétence à la HALDE sur toute forme de discrimination légale, qu'elle soit fondée sur le sexe, la race ou l'origine ethnique, la religion ou les convictions, un handicap, l'âge ou l'orientation sexuelle.
Lundi
8
novembre 2004.- Mathieu Massé, l'acteur principal des profanations nazies du monument juif de
Douaumont le 7 mai 2004, a été condamné à deux ans de prison, dont un an ferme.
Le même jour, des tags nazis étaient découverts dans les locaux de la Maison Saint-Paul de Verdun appartenant au diocèse.
Dimanche
7 novembre 2004.- L'appel à manifester à Paris et plusieurs villes de France contre le racisme et l'antisémitisme, marqué par la division du mouvement antiraciste, a été faiblement suivi, car les défilés n'ont rassemblé que 5 000 personnes selon la police, 13 000 selon les organisateurs. La manifestation la plus importante (2 500 personnes selon la police, 8 000 selon les organisateurs) s'est déroulée à Paris, de la République à la Nation, menée par les chefs de file du Mrap (mouvement contre racisme et pour l'amitié entre les peuples), de la LDH (Ligue des droits de l'homme) et les syndicats (CGT, CFDT, CFTC, UNSA, SUD, FSU). 120 organisations avaient signé l'appel à « Vivre ensemble libres, égaux et solidaires ».
Parmi elles, l'UOIF (Union des organisations islamiques de France), pomme de discorde des antiracistes parce que proche des intégristes, dont la présence a été la raison invoquée par SOS-Racisme, la Licra ou le Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France) pour expliquer leur refus de participer.
Samedi
23 octobre 2004.- Environ 2000 personnes ont défilé à Ajaccio pour protester contre la recrudescence des violences racistes en Corse, visant la communauté maghrébine, un « grand succès » pour les organisateurs malgré deux fausses alertes à la bombe pour le perturber.
Mardi
19 octobre 2004.- Le rapport sur le racisme et l'antisémitisme de l'écrivain Jean-Christophe Rufin a été publié. Le gouvernement entend tirer des « conclusions opérationnelles immédiates » de ce texte auquel les organisations anti-racistes ont réservé un accueil globalement favorable.
Prenant la mesure de la gravité des phénomènes de racisme et d'antisémitisme en France, le président d'Action contre la faim préconise un dispositif de lutte spécifique « contre ce qui menace radicalement la survie du système démocratique ».
Vendredi
27 août 2004.- Des experts réunis à Amsterdam à l'initiative de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) soulignent les immenses difficultés qui se posent pour la régulation des sites internet haineux. Seules, par exemple, la France, l'Allemagne, la Belgique, la Suisse et l'Autriche ont jusqu'à présent pénalisé en Europe le refus de reconnaître les crimes contre l'humanité.
Jeudi
26 août 2004.- La Bibliothèque publique d'information de Beaubourg a porté plainte contre les auteurs d'inscriptions antisémites découvertes sur plusieurs ouvrages. « Des ouvrages ont été retrouvés couverts d'inscriptions antisémites et d'adresses de sites Internet ouvertement révisionnistes et négationnistes. Ainsi, l'inquiétante montée que l'on observe dans la société française de l'antisémitisme et de l'incitation à la haine raciale se traduit-elle aussi dans l'enceinte de la bibliothèque », a écrit son directeur, Gérard Grunberg, dans l'éditorial du « Bulletin de la bibliothèque ». L'inscription « Contre la mafia juive et le racisme juif ! » serait accompagnée des adresses de deux sites internet, l'un s'adressant aux « amateurs de récits de guerre et d'holocaustes », l'autre étant un site d'information islamiste.
Mardi
13 juillet 2004.- La jeune femme qui avait raconté avoir été victime d'une agression antisémite sur la ligne D du RER a avoué lors sa garde à vue qu'elle avait inventé cette histoire, provoquant un coup de théâtre dans cette affaire qui avait soulevé une vague d'indignation. Après avoir dans un premier temps affirmé aux enquêteurs avoir été agressée en dehors du train, elle a finalement reconnu avoir inventé toute l'histoire. Aidé de son concubin, lui aussi placé en garde à vue, elle a reconnu avoir mis en scène les traces de
son agression. Lorsqu'elle a déposé plainte, la jeune femme a raconté aux enquêteurs avoir été agressée par six jeunes, dont quatre d'origine maghrébine, alors qu'elle se trouvait avec son bébé dans un train de la ligne D du RER, entre Louvres et Sarcelles. Selon ses déclarations, les agresseurs, certains armés de couteaux, l'avaient d'abord bousculée puis, la croyant juive, lui avaient notamment dessiné des croix gammées sur le ventre devant des témoins qui n'auraient pas réagi.
Elle a été condamnée pour « dénonciation de délit imaginaire »
le 26 juillet à quatre mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de
Pontoise. Cette « peine d'avertissement », selon les termes du président, a été assortie d'une mise à l'épreuve de deux ans avec obligation de soins psychiatriques.
Vendredi
9 juillet 2004.- Le nombre des actes racistes et antisémites recensés au 1er semestre 2004 est supérieur à la totalité des actes commis en 2003. Cette annonce a été faite
à l'issue du 5ème Comité interministériel de lutte contre le racisme et l'antisémitisme.
Selon les chiffres du ministère de l'Intérieur, 95 actions racistes et xénophobes (hors actes antisémites) ont été enregistrées au cours des six premiers mois de l'année, ainsi que 161 actes de menace ou d'intimidation. Sur la même période, 135 actions ont été commises contre des juifs et 375 menaces répertoriées.
Jeudi
8 juillet 2004.- Jacques chirac a choisi de lancer un appel à « la vigilance et au sursaut » pour défendre les valeurs de la République face à la recrudescence d'actes racistes et antisémites à Chambon-sur-Lignon, commune protestante des confins de la Haute-Loire et de l'Ardèche, où pendant l'Occupation des milliers de Juifs ont trouvé l'hospitalité et le salut. Accompagné de Simone Veil, rescapée d'Auschwitz, Jacques Chirac a effectué le « parcours de la mémoire » qui exalte le souvenir de ces « Justes parmi les Nations » qui ont refusé l'infamie du régime de Vichy. Le président de la République a exigé que la justice traite ces affaires avec « la plus grande sévérité et la plus grande exemplarité », en souhaitant que le parquet fasse appel lorsque les décisions rendues feront preuve d'une trop grande mansuétude. « En matière de racisme, d'antisémitisme, de xénophobie ou d'homophobie, le classement sans suite est inacceptable », a dit Jacques Chirac.
Mardi
29 juin 2004.- Le président du Parti des Musulmans de France (PMF), le Strasbourgeois Mohamed Latrèche, a été mis en examen
à Paris pour provocation à la haine raciale à la suite de propos tenus lors d'une manifestation en
janvier. Le parquet de Paris avait ouvert le 14 avril dernier une information judiciaire pour enquêter sur des propos de Mohamed Latrèche lors de la manifestation du 18 janvier à Paris contre la loi sur la laïcité.
La Licra et le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) avaient jugé ces propos antisémites, souhaitant la dissolution du PMF.
Dimanche
27 juin 2004.- La mosquée de Nanterre (Hauts-de-Seine) a été recouverte d'inscriptions xénophobes.
Les policiers ont relevé trois inscriptions de 6 m sur 2,50 m, tracées à l'aide d'une bombe de peinture sur le mur de l'édifice religieux.
Lundi
21 juin 2004.- Le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, a dénoncé la « résurgence alarmante de l'antisémitisme ». « Cette fois, le monde n'a pas le droit de garder le silence », a indiqué le secrétaire général ouvrant au siège des Nations unies un séminaire d'une semaine intitulé « Désapprendre l'intolérance : Faire face à l'antisémitisme, enseigner la tolérance et la compréhension ».
Dimanche
20 juin 2004.- Le ministre de l'Intérieur Dominique de Villepin a indiqué qu'il souhaitait que « les sanctions les plus lourdes » soient prises à l'encontre des auteurs d'actes à caractère raciste et antisémite. Contre l'antisémitisme, contre le racisme, le ministre de l'Intérieur a «saisi tous les sous-préfets » pour qu'un « travail soit fait dans les écoles, un travail pédagogique » auprès des jeunes.
Mercredi
16 juin 2004.- La lutte contre le « cyber-racisme », objet d'une conférence internationale
à Paris, divise pays européens et Etats-Unis, les premiers étant partisans d'une régulation d'Internet tandis que les seconds s'y refusent, arguant de la liberté d'expression.
Les deux positions sont apparues clairement dès l'ouverture de la conférence de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), consacrée aux liens entre la propagande raciste, xénophobe et antisémite sur Internet, et les crimes de haine..
Pour les pays européens, dont la France, qui a récemment adopté un arsenal de mesures, il est nécessaire de contrôler, réguler et sanctionner.
Samedi
12 juin 2004.- Une fresque réalisée par des enfants juifs en 1942 sur le mur de la baraque du Secours suisse de l'ancien camp de concentration de Rivesaltes, près de Perpignan, a été vandalisée à coups de burin. La fresque, retrouvée dans un bâtiment en ruine, représente sur plusieurs mètres des paysages bucoliques de montagne et met en scène des personnages et des animaux. Destinée à faire partie du futur Mémorial aux populations étant passées par le camp de Rivesaltes (républicains espagnols, juifs, tziganes, harkis), elle avait été protégée par du grillage.
Dimanche
6 juin 2004.- Cinq jeunes hommes, soupçonnés d'avoir agressé le 30 mai le fils du rabbin de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), ont été mis en examen à Nanterre et remis en liberté sous contrôle judiciaire. Les suspects ont notamment interdiction de paraître à Boulogne-Billancourt où ils habitent tous. Les cinq jeunes, dont quatre mineurs, sont scolarisés à Boulogne. Il leur est également interdit de rencontrer la victime ou les
autres prévenus durant toute la durée de la procédure. Les cinq
jeunes, âgés de 14 à 18 ans, ont reconnu les faits et leur implication respective dans l'agression. Certains sont connus de la police pour des vols de scooter et de petites agressions en réunion. L'un d'eux, âgé de 14 ans et demi, avait été condamné récemment par le juge des enfants à écrire une rédaction sur l'antisémitisme, après avoir participé à l'agression d'un jeune juif de 15 ans à la patinoire de Boulogne-Billancourt le 17 janvier.
Vendredi
4 juin 2004.- Un adolescent de 17 ans de confession juive a été agressé
d'un coup de couteau non loin de son école à Epinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis), provoquant une vive émotion dans la communauté juive, au sein du gouvernement et dans les associations. La victime a déclaré à la police que son agresseur avait crié «Allah Akhbar (Dieu est
grand)» en le poignardant. L'état du jeune homme, qui a été hospitalisé, était jugé sérieux, mais ses jours ne seraient pas en danger.
Samedi
29 mai 2004.- La ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme a récompensé neuf clubs de football amateur pour «leurs actions de promotion de la citoyenneté et du respect d'autrui à travers le football pendant la saison 2003-2004 ».La remise des prix, en association avec la Fédération Française de Football, a eu lieu au Stade de France lors d'un déjeuner offert par la FFF à un millier de bénévoles, avant la finale de la Coupe de France.
La Licra, qui «travaille depuis cinq ans dans le sport», se félicite de l'implication croissante de clubs amateurs dans la lutte contre la violence et le racisme, mais regrette une certaine « frilosité » des instances fédérales
amateurs
Mercredi
26 mai 2004.- L'humoriste Dieudonné a été condamné
par le tribunal correctionnel d'Avignon à une peine d'amende de 5000
€ tout en étant rejugé en appel à Paris, dans les deux cas pour avoir tenu dans des journaux des propos racistes visant les juifs.
À Avignon, Dieudonné M'Bala M'Bala était poursuivi sur citation directe de deux Avignonnais, deux avocats agissant à titre personnel, pour des « propos racistes» et des « injures raciales » visant les juifs rapportés dans un entretien paru dans Le Monde.
Également poursuivi pour diffamation raciale à la suite d'un sketch
sur France 3, l'humoriste a été relaxé par le tribunal correctionnel de Paris.
Les associations comme la Licra et l'Union des étudiants juifs de France, ainsi que le consistoire israélite de France, qui s'étaient portés partie civile, ont annoncé qu'ils allaient faire appel.
Dimanche
16 mai 2004.- Des milliers de personnes, 9000 selon la police, 30 000 selon les organisateurs, ont défilé
à Paris contre l'antisémitisme et l'« apathie » des Français face aux agressions contre les juifs, souvent dénoncée dans le cortège. À l'exception de l'extrême droite, l'ensemble de la classe politique, de l'extrême gauche à
l'UMP, avait répondu à l'appel.
Vendredi
7 mai.- Des graffitis néo-nazis ont été découverts sur le mémorial juif de Verdun, à Fleury-devant-Douaumont (Meuse). Les inscriptions, « Heil Hitler », « 88 » (définition numérique de Heil Hitler dans l'alphabet), ainsi que des croix gammées, ont été taguées à la bombe aérosol de peinture noire sur l'immense stèle de 25 m de long et de 15 m de haut, représentant les Tables de la Loi hébraïque, où sont inscrits les dix commandements.
Jeudi
1er avril.- L'ensemble des violences et menaces racistes et antisémites a baissé de 37,77 % en un an (817 en 2003 contre 1313 en 2002), mais leur nombre reste encore parmi les plus élevés des dix dernières années. L'antisémitisme reste très majoritaire « et s'installe durablement dans la gravité », selon la Commission nationale consultative des droits de l'Homme (CNCDH). En 2002, le nombre d'actes visant la communauté juive était évalué à 60 % de l'ensemble. Il est de 72 % en 2003. Le lien entre actes racistes et événements internationaux s'est confirmé, avec un pic au printemps lors du conflit en Irak. Ces actes restent graves (32 blessés) et les arrestations insuffisantes : il n'y en a eu que 81 en 2003 (contre 139 en 2002). Les actions racistes autres qu'antisémites ont également diminué, de 22,69 % (92) par rapport à 2002 (119), et ont été moins graves (11 blessés en 2003 contre 21 et 1 mort en 2002). Mais l'augmentation d'actes hostiles à l'islam (22 % du total contre 12 % en 2002) inquiète la commission, qui note la « confusion croissante entre l'hostilité à l'immigration maghrébine, prédominante dans les années 90, et une hostilité à l'islam, avec des amalgames avec la délinquance, le fondamentalisme ou le terrorisme ». La commission s'inquiète aussi de la « contagion » raciste en milieu scolaire, avec une banalisation des injures racistes (passées de 4 en 1998 à 94 en 2003).
Samedi
20 mars 2004.- Plusieurs centaines de jeunes gens de divers pays d'Europe se sont réunis au siège de l'Unesco à Paris, à l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination de la discrimination raciale. Une quinzaine de sportifs et artistes de renom, dont le judoka Djamel Bourras, l'ancien footballeur Bernard Lama, l'acteur Samuel Le Bihan ou la chanteuse Sally Nyolo, étaient conviés.
Mercredi
10 mars 2004.- L'Éducation nationale a publié un « guide républicain » très attendu destiné aux enseignants, afin d'aider à lutter contre la violence scolaire communautariste, le racisme et l'antisémitisme, et de préparer l'application de la loi sur le voile à l'école à la prochaine rentrée. Cet outil pédagogique sera mis en vente en mai en librairie sous forme de livre (tiré à 300 000 exemplaires) ou de CD-Rom. Il est déjà disponible gratuitement sur le site internet du ministère
(education.gouv.fr).
Samedi
6 mars 2004.- Jean-Pierre Raffarin a exprimé sa « plus profonde indignation » après les incendies volontaires dans deux lieux de culte musulman en Haute-Savoie, et annoncé qu'il avait demandé que « tout soit mis en oeuvre pour que l'on retrouve les auteurs de ces dégradations ». Dans un communiqué, le président Jacques Chirac a également « condamné avec la plus grande fermeté » ces « actes odieux », et a assuré tous les Musulmans de France de « sa sympathie et sa solidarité ». Ces incendies volontaires ont entièrement dévasté
une salle de prière d'environ 80 m² à Seynod et endommagé la chaufferie de la mosquée d'Annecy.
Lundi
16 février 2004.- Pendant la visite du président
israélien Moshe Katzav, Jacques Chirac a redit sa «détermination sans faille à lutter contre toutes les formes de racisme et d'antisémitisme », ce dont son homologue israélien l'a remercié au nom d'Israël. « La France conduit un combat sans relâche contre ce fléau. Nous sommes et nous serons intransigeants sur cette question. C'est pourquoi nous n'accepterons pas les mauvais procès qui parfois nous sont faits et qui attentent à l'honneur de la France », a martelé le chef de l'État français.
Lundi
16 février 2004.- Quatre ans de prison par défaut et des peines allant du sursis à six mois de prison ferme et un mandat d'arrêt à l'encontre de l'un-d'eux ont été prononcés contre huit satanistes néo-nazis jugés par le tribunal correctionnel de Toulon. Un mandat d'arrêt a été lancé à l'encontre d'Eric Guttuso expatrié en Grande-Bretagne et condamné à quatre ans de prison par défaut pour avoir diffusé une revue exhortant à la haine raciale et à l'antisémitisme. Eric
Monnier a été condamné à 30 mois de prison dont 24 mois avec sursis. Deux autres prévenus, Ronald Robin et Cyril
Dieupard, se sont vus infliger quatre mois de prison avec sursis. Des peines de un an avec sursis à quatre mois de prison ferme ont été prononcées à l'encontre des quatre autres néo-nazis, condamnés pour violation de sépultures. Anne Sinclair, Patrick Gaubert, président de la
Licra, injuriés et menacés de mort dans W.O.T.A.N., ont obtenu un euro symbolique de dommages
et intérêts.
Mardi
27 janvier 2004.- Le gouvernement Raffarin a fait le point sur les actes de racisme et d'antisémitisme en France
lors du deuxième comité interministériel consacré à ce sujet à Matignon, et annoncé la mise en place d'un fond de 15 millions d'euros pour la sécurité des « sites sensibles ». Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy a
déclaré que le nombre des actes et menaces antisémites avait diminué de 37 % en 2003 par rapport à 2002.
Celui des autres actes racistes a baissé de 41 % et retrouve « des niveaux comparables à ceux du milieu des années 90 »,
selon lui.
Mardi
27 janvier 2004.- La Commission européenne contre le racisme et l'intolérance (ECRI) a dénoncé « l'antisémitisme et l'islamophobie » qui se développent en Belgique ainsi que les « traitements discriminatoires » exercés par la police suisse à l'égard des noirs. La commission critique également les discriminations et les violences policières qui s'exercent contre les Roms en Bulgarie et en Slovaquie.
Samedi
24 janvier 2004.- Le président de la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (LICRA), Patrick Gaubert, a condamné, devant le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, dans un discours très dur, la montée en France d'un antisémitisme « violent, décomplexé » alimenté par « certains partis religieux ». Inaugurant le dîner de gala du 44e congrès de son mouvement, il a affirmé que « la revendication agressive du religieux dans la sphère politique nourrit les peurs et les fantasmes qui ont amené Le Pen en 2002 », et d'affirmer: «Beaucoup se demandent s'ils ne doivent pas une fois de plus faire leurs valises». Il a stigmatisé les « seuls intégristes islamistes », répétant à deux reprises «La provocation et les violences sont unilatérales», les imputant à une « extrême minorité qui entend changer la règle du jeu républicain dans un pays pacifié depuis la loi de 1905 ». Il s'est prononcé pour une « loi claire, précise, courte, chirurgicale » sur la laïcité.
Jeudi
22 janvier 2004.- Une enquête sur des propos jugés antisémites du président du Parti des Musulmans de France (PMF) Mohamed Latrèche a été ouverte par le procureur de la république de Paris,
annonce le ministre de la Justice Dominique Perben. La Licra et le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) ont jugé antisémites des propos tenus par Mohamed Latrèche lors
d'une manifestation à Paris contre la loi sur la laïcité et souhaitent la dissolution de ce parti.
Mardi
20 janvier 2004.- A la suite des manifestations organisées
par le « Parti des Musulmans de France », la Licra
regrette l’existence en France d’un parti politique axé
essentiellement sur le religieux et dont les dirigeants ont tenu
des propos ouvertement antisémites lors de la manifestation du 17
janvier dernier. La Licra
demande que le cas de ce parti politique antisémite soit examiné
lors du Comité Interministériel de lutte contre le racisme et
l’antisémitisme qui se réunira le 30 janvier prochain à
l’initiative du Premier Ministre. La
Licra demande que, dans le cadre des lois existantes dans notre
pays, soit envisagée l’interdiction pure et simple de ce parti
raciste.
Samedi 22
novembre 2003.- Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy a reçu le président de la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme, Patrick Gaubert, avec lequel ont été abordées « les questions relatives à l'antisémitisme » en France. « Nous avons fait part au ministre des préoccupations d'un certain nombre de juifs en France, qui vivent au quotidien et de manière anonyme les problèmes d'antisémitisme », a déclaré M. Gaubert. Selon lui, le ministre a accepté qu'en province, les préfets travaillent sur ces questions avec les représentants de la Licra, les premiers étant chargés de la sécurité et les seconds d'offrir les services judiciaires aux victimes.
Samedi 15
novembre 2003.- Un établissement scolaire de confession israélite a été dévasté par le
feu à Gagny, en banlieue de Paris. Au-delà des dégâts matériels importants, cet acte probablement criminel a déclenché l'indignation de la communauté juive et la condamnation du gouvernement.
"Les mots d'antisémitisme doivent être prononcés. L'honnêteté, c'est que l'on ne nie pas l'évidence. Quand on met le feu dans une école juive, il m'est difficile de ne pas penser qu'il ne s'agit pas d'un acte antisémite", a souligné le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy venu sur les lieux, à Gagny, en
Seine-Saint- Denis. Il n'y a pas eu de blessés mais les dégâts sont très importants.
Vendredi
14 novembre 2003.- Première dans l'histoire de la démocratie-chrétienne allemande, un député taxé d'antisémitisme a été exclu de son groupe parlementaire pour un discours basé sur une argumentation rappelant celle des nazis, qui a suscité un tollé dans le pays. Martin Hohmann a d'abord été réprimandé par la présidente de la CDU, Angela Merkel, avant, sous la pression, d'être exclu
de son groupe parlementaire à une large majorité.
Vendredi
24 octobre 2003.- Un ancien candidat MNR aux législatives de la 7e circonscription des Bouches-du-Rhône en 2002, Hubert Fayard, a été condamné à cinq ans d'inéligibilité et
2500 euros d'amende pour « incitation à la haine raciale et diffamation à caractère raciste ».
Cet ex-premier adjoint de Catherine Mégret à la mairie de Vitrolles entre 1997 et
2001 a également été condamné à verser un euro de dommages et intérêts à SOS Racisme, partie civile.
Hubert Fayard avait fait diffuser lors de la campagne des législatives un tract présenté sous forme de bande dessinée, mettant notamment en scène une famille étrangère bénéficiant d'avantages sociaux. Vendredi
17 octobre 2003.- Jean-Pierre Raffarin a dénoncé le développement d'une « certaine islamophobie » en France, tout en réaffirmant son opposition résolue au port du voile à l'école. Mais il a exprimé sa préférence pour la recherche du consensus plutôt que le recours à une loi nouvelle, « ultime recours » à ses yeux. M. Raffarin a tenu ces propos lors de la première visite d'un chef de gouvernement à la grande mosquée de Paris. Vendredi
17 octobre 2003.- La cour d'appel de Paris a confirmé la condamnation du cabaret du Moulin Rouge pour « discrimination à l'embauche », pour avoir refusé d'embaucher un Sénégalais comme commis de salle en novembre 2000. L'association du restaurant du bal du Moulin Rouge est condamnée à 10.000 euros d'amende et la secrétaire de l'association, Micheline Beuzit, à 1.500 euros d'amende. L'association doit aussi payer 4.500 euros de dommages-intérêts au candidat évincé, ainsi que 2.300 euros à SOS Racisme.
Vendredi
10 octobre 2003.- Les deux sœurs voilées du lycée Henri Wallon d'Aubervilliers,
Alma et Lila Lévy, ont été exclues définitivement de l'établissement sur décision du conseil de
discipline au nom de la laïcité. Depuis le début de l'année scolaire, l'administration reprochait aux jeunes filles de porter une «tenue ostentatoire», ce que les intéressées ont toujours réfuté.
Jeudi 25
septembre 2003.- Une polémique s'est instaurée à propos d'un livre pédagogique destiné aux enseignants, « Enseigner le fait religieux, un défi pour la laïcité », qui vient d'être retiré de la vente et sera mis au pilon, un passage sur le judaïsme pouvant poser problème.
Un chapitre abordait en effet les questions actuelles se posant quand on parle de judaïsme : l'antisémitisme, la Shoah, le sionisme ou la politique actuelle d'Israël. L'auteur y disait notamment que « la Shoah avait suscité chez les juifs comme chez les non juifs des comportements très particuliers » avec « tendance quasi paranoïaque chez les uns, culpabilisation souvent maladive chez les autres ».
Vendredi
30 mai 2003.- Le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP) a saisi le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) pour l'alerter sur des « dérapages racistes » lors de l'émission Nice People du 21 mai. «Nous avons eu plusieurs signalements d'auditeurs qui ont été choqués par des blagues racistes lors de l'émission du 21 mai », affirme Mouloud Aounit, secrétaire général du MRAP. « Je note par ailleurs, ajoute-t-il, que les participants ne sont pas vraiment à la couleur de l'Europe et qu'il n'y a ni beurs, ni blacks ». Mardi
13 mai 2003.- Brigitte Bardot, qui qualifie dans son dernier livre les chômeurs de "profiteurs paresseux planqués", les homosexuels de "phénomènes de
foire" et se prononce "contre l'islamisation de la France", a déclenché la colère des associations, dont certaines comptent poursuivre l'actrice en justice. La Ligue des droits de l'Homme (LDH) et le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP) ont décidé d'attaquer le sex-symbol des années soixante pour son livre
Un cri dans le silence. Mais d'autres associations, comme SOS-Racisme et la
Licra ont préféré le mépris à la justice face aux dérives de
BB. Lundi
12 mai 2003.- Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy a reçu
le «prix de la tolérance 2003 » du centre Simon Wiesenthal, pour son action contre l'antisémitisme. Ce prix lui a été remis lors de l'ouverture d'un colloque organisé à l'UNESCO par l'ONG américaine sur le thème « Education pour la tolérance : la résurgence de l'antisémitisme ». Le représentant du centre Wiesenthal à Paris, Shimon Samuels, a souligné que le prix honorait particulièrement « la reconnaissance par Nicolas Sarkozy du fléau de l'antisémitisme ». Mardi
6 mai 2003.- A l'initiative de la LICRA et du Grand Orient de France, droite et gauche se
sont rassemblés place de l'Hôtel de Ville à Paris pour défendre la
laïcité et «combattre les communautarismes, l'antisémitisme, le racisme et la xénophobie ».
« Nul en France ne doit rencontrer la peur ou subir des discriminations à cause de sa naissance, de sa religion ou de la couleur de sa peau », a déclaré le chef de l'Etat dans
un message lu par le président de la Licra Patrick Gaubert. Le chef de l'Etat a également exprimé son rejet du communautarisme. « La France n'est pas une juxtaposition de communautés. Elle est une communauté nationale », rappelle le message présidentiel. Des hommes politiques de tous bords
ainsi que le président de la Licra Mulhouse ont participé à ce rassemblement. Jeudi
1er mai 2003.- Pierre Delanoë maire PS de Paris a dévoilé sur le pont du Carrousel une plaque en hommage à Brahim Bouarram, jeune Marocain jeté dans la Seine 8 ans plus tôt par des skinheads en marge du défilé du FN. Devant plusieurs centaines de militants (MRAP, Licra, LDH), et de nombreux élus de gauche, il a refusé de commenter les sarcasmes lancés contre lui par Le
Pen.
Mercredi 2
avril 2003.- Un garçon de 18 ans qui se promenait en compagnie d'une amie a été agressé par deux jeunes gens dans le parc de Bercy, à Paris, et a dû recevoir des soins à l'hôpital. Selon une association, il s'agirait d'une agression à caractère antisémite : le Bureau de vigilance contre l'antisémitisme affirme que le jeune homme a été frappé « par trois arabo-musulmans » après avoir été « reconnu comme juif ». La police a ouvert une enquête.
Jeudi 27
mars 2003.- L'année 2002 a été marquée par une augmentation considérable des violences et menaces racistes avec notamment « une explosion des actes antisémites » en 2002, selon le rapport annuel de la commission nationale consultative des droits de l'Homme
(CNCDH). Le nombre d'actes visant la communauté juive est évalué par la CNCDH à plus de 60 % de l'ensemble des violences racistes.
Pour 2002, le rapport recense 313 violences contre les personnes et les biens,
soit le niveau le plus élevé depuis dix ans, et 992 menaces (propos ou gestes menaçants, graffitis, injures, intimidations). Il s'agit de chiffres a
minima. Le rapport, qui demande chaque année un sondage à l'Institut BVA, constate cette année un décalage entre cette poussée brutale des actes racistes et l'indifférence et le peu de mobilisation des Français sur ce sujet. Le racisme arrive en 7e position dans la liste des sujets de préoccupations des Français. Pourtant, 62 % d'entre eux estiment que le racisme est « plutôt répandu » en France et 26 % « très répandu ». 39 % des sondés estiment aussi que la lutte contre le racisme n'est pas nécessaire, une attitude d'indifférence à relier à ce chiffre : 52 % ne sont pas prêts à signaler un comportement raciste à la police. Jeudi
27 mars 2003.- Le préfet de police de Paris, Jean-Paul Proust, annonce, dans un entretien
dans Actualité juive hebdo, qu'il a constitué au sein de la PJ parisienne une équipe spécialisée (une quinzaine de personnes) devant suivre de manière systématique les plaintes à caractère raciste ou antisémite. Samedi
22 mars 2003.- De jeunes Français de confession juive
ont été agressés en marge d'une manifestation contre la guerre en Irak organisée à Paris. Jeudi 27
février 2003.- Les ministres chargés de l'Education Luc Ferry et Xavier Darcos ont annoncéune dizaine de mesures pour lutter contre le racisme et l'antisémitisme à l'école. Les ministres ont notamment prôné un renforcement de la fermeté et des sanctions contre les actes et propos racistes et antisémites, y compris en recourant à des poursuites judiciaires. Jeudi
30 janvier 2003.- Le ministre de l'Education nationale Luc Ferry s'est déclaré devant le Sénat « inquiet de la montée des affrontements communautaires », et en particulier de l'antisémitisme.
M. Ferry a donné instruction aux recteurs ainsi qu'aux directeurs de l'enseignement scolaire de répondre « avec la plus grande fermeté à ces phénomènes insupportables ». Estimant que les sanctions traditionnelles « ne fonctionnent plus », le ministre a souhaité l'orientation des « enfants insupportables » vers des «ateliers-relais » dont le nombre va être multiplié par trois. Samedi
25 janvier 2003.- Le président du Conseil représentatif des institutions juives de France Roger Cukierman a créé la polémique lors du traditionnel dîner annuel du CRIF, en présence du Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, en assimilant antisionisme et antisémitisme et en dénonçant une «alliance brun vert rouge »,
ce qui fut pour le moins mal perçu par les Verts et le PCF.
3 janvier
2003.- L'agression dont a été victime le rabbin parisien Gabriel Farhi, blessé
à coups de couteau à l'intérieur de sa synagogue par un inconnu au visage masqué par un casque de moto, a réveillé l'inquiétude de la communauté juive.
"Espérons qu'il s'agit d'un cas isolé". La Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (LICRA) a appelé les pouvoirs publics "à mettre en oeuvre tous les moyens pour rechercher et interpeller le ou les coupables" de l'agression. Trois jours après,
la voiture du rabbin libéral a été incendiée dans le parking de son immeuble parisien. Selon les premières constatations de la police, le feu aurait été mis à des vêtements dans le coffre du véhicule, qui n'a pas été fracturé. C'est la gardienne de l'immeuble qui a découvert les faits et alerté la police. Le domicile du rabbin était protégé par des rondes de police.La 2e DPJ est chargée de l'enquête.
10
décembre 2002.- Les députés ont voté, à l'unanimité,
une proposition de loi présentée par le groupe UMP qui vise à
aggraver les peines punissant les actes racistes, antisémites ou
xénophobes. Les députés ont notamment décidé de porter à 20
ans de réclusion criminelle la sanction des actes de torture ou
barbarie ou des actes de violence ayant entraîné la mort sans
intention de la donner, si l'infraction a été commise «à
raison de l'appartenance ou de la non appartenance, vraie ou
supposée, des victimes à une ethnie, une nation, une race ou une
religion déterminée». Le texte porte aussi les peines encourues
à trois ans d'emprisonnement et à 45.000 euros d'amende pour la
destruction, la dégradation ou la détérioration d'un bien, si
l'infraction a été commise avec une intention raciste, antisémite
ou xénophobe.
4
décembre 2002.- Le député Pierre Lellouche (UMP,
Paris) a affirmé que se développaient en France «les ferments
d'une guerre ethnique et religieuse» en présentant une
proposition de loi, adoptée en commission des lois, afin
d'aggraver les peines pour les actes racistes, antisémites et xénophobes.
Selon lui, les violences à caractère raciste ont brutalement
augmenté en France en 2000 et 2001, liées notamment à la
seconde Intifada et aux attentats du 11 septembre 2001 aux
Etats-Unis. «En avril 2002, 119 actions anti-juives» ont été
recensées en France, a-t-il dit.
18 novembre 2002.-
Les 600.000 juifs de France sont des citoyens bien intégrés,
avec une affirmation identitaire forte, mais ils sont "mal à
l’aise" face à la montée de l’antisémitisme, révèle
une enquête nationale sur la communauté juive de France, la
première depuis quatorze ans.
30 octobre 2002.-
Les patrons de plusieurs grandes entreprises françaises se sont engagés à embaucher mille jeunes diplômés issus des quartiers, pour « donner l'exemple » et « enclencher une dynamique ». SOS-Racisme a lancé cette opération inédite, intitulée « Ça va être possible », en référence au « Ça ne va pas être possible » maintes fois entendu par des demandeurs d'emploi issus des quartiers difficiles. Il s'agit de permettre à mille jeunes diplômés au nom à consonance étrangère, ou discriminés en raison de leur lieu d'origine, de trouver un emploi correspondant à leur niveau d'études, au cours de l'année qui vient.
13 septembre 2002.-
La LICRA a annoncé l'assignation en référé d'un groupe
d'associations françaises qui a lancé un appel au boycott des
produits israéliens. Un appel au «boycott de l'ensemble des
produits alimentaires israéliens» avait été lancé le 11
juillet à Paris par une trentaine d'associations regroupées dans
la Coordination des appels pour une paix juste au Proche-Orient (CAPJPO).
La LICRA a assigné en référé
la CAPJPO «pour voir ordonner la suppression de cet appel sur son
site internet, car il constitue une incitation publique à
commettre un délit pénal».
2 août 2002.-
Le Mouvement contre le
racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP) a déposé
plainte contre le site www.amisraelhai.org ("le peuple
d'Israël vit"), en l'accusant de contrevenir à la
législation antiraciste de 1972.
Ce site internet retranscrit la liste des signataires de
l'association "pour une paix juste au Proche-Orient", en
accolant une étoile de David à ceux d'entre eux qui sont juifs.
"Non seulement ils méritent d'être boycottés mais nous
vous encourageons, si jamais vous les croisez, à leur dire
verbalement et même gestuellement, tout le bien que vous pensez
d'eux: un crachat ou même un bon coup de batte de base-ball dans
la mâchoire, contribuera peut-être à remettre en place leur
esprit tordu...", est-il écrit.
"En lançant un appel public à la violence contre les juifs
dont ils ne partagent pas les analyses concernant le conflit du
Moyen-Orient, les éditeurs de ce site extrémiste se rendent
coupables du délit de provocation à la violence et à la
haine", a indiqué Pierre Mairat, président délégué du
MRAP.
Cette plainte a été déposée pour "provocation à la haine
et à la violence".
31 juillet 2002.- Le
rédacteur en chef du quotidien gouvernemental égyptien Al-Ahram
a été convoqué par un juge parisien, suite au dépôt d'une
plainte mettant en cause le journal pour "incitation à la
haine raciale".
Cette convocation intervient après le dépôt d'une plainte, au
début de l'année 2001, par la LICRA suite à la publication d'un
article signé Adel Hammouda, en octobre 2000 et intitulé
"Tourte juive (fabriquée avec) du sang des Arabes".
L'article avait notamment été publié sur le site internet du
journal et la LICRA avait demandé à la justice française
d'ordonner au quotidien de le retirer du site, a précisé
l'avocat de la LICRA à l'AFP, Marc Levy. Après son retrait sans
que la justice n'ait eu à intervenir, la LICRA a toutefois
décidé de porter plainte car l'article était également
accessible dans la version papier du quotidien vendue en France, a
indiqué Me Levy. Selon lui, l'article faisait référence à
l'"Affaire de Damas", remontant à 1840, et au cours de
laquelle des juifs avaient été accusés à tort d'avoir
assassiné des moines et de s'être servi de leur sang pour
fabriquer du pain azyme, une vieille accusation médiévale.
30 juillet 2002.-
La compagnie aérienne Aéris, dont un passager a retrouvé son
bagage orné d'une croix gammée à son arrivée en Israël, a
déposé plainte contre X pour "inscription antisémite sur
un bagage". L'incident concernait un vol Paris-Tel Aviv
(Israël) parti de l'aéroport parisien de Roissy-Charles de
Gaulle.
28 juillet 2002.-
Le président de la Ligue internationale contre le racime et
l'antisémitisme (LICRA), Patrick Gaubert, a salué "le
courage politique" du gouvernement, après l'annonce de
l'ouverture d'une procédure d'interdiction du groupuscule
d'extrême droite Unité Radicale (UR). Il a rappelé que la LICRA
a demandé plusieurs fois la dissolution de ces mouvements
d'extrême droite "qui prospéraient sans que qui que ce soit
s'en inquiète jusqu'au 14 juillet". Maxime Brunerie, le
jeune homme qui a tiré en direction de Jacques Chirac le 14
juillet, militait dans UR.
26 juillet 2002.- Un
panneau portant l'inscription "mort aux Juifs" et relié
à une fausse mine a été trouvé sur la place centrale de la
ville de Pravdinsk, près de Kaliningrad en Russie. Du panneau
sortaient deux fils reliés à un objet enfoui dans le sol, a
expliqué l'antenne locale du ministère des Situations d'urgence.
Après intervention d'une équipe de démineurs, il est apparu
qu'il ne s'agissait que d'un moulage de mine rempli de sable.
Les cas de panneaux piégés se multiplient en Russie. Le 27 mai
dernier, une Moscovite de 28 ans, Tatiana Sapounova, avait été
grièvement blessée par l'explosion d'une affiche antisémite
piégée qu'elle tentait d'arracher. Gravement brûlée au visage,
elle a dû subir une opération chirurgicale en Israël. Une
série d'attaques racistes et antisémites, dont certaines
mortelles, sont survenues ces derniers mois en Russie, notamment
à Moscou, contre des étudiants, des diplomates étrangers et des
vendeurs caucasiens. Les députés russes ont adopté fin juin un
projet de loi contre l'extrémisme, proposé par Vladimir Poutine,
qui vise notamment à punir les appels à la haine raciale,
religieuse ou nationale.
25 juillet 2002.- La
Ligue internationale contre le racime et l'antisémitisme (LICRA)
"ne peut que prendre acte" de la condamnation de la
France par la cour européenne de Strasbourg dans l'affaire Papon,
mais exprime "sa profonde amertume". Les juges
européens ont estimé que la "mise en état" (se
constituer prisonnier) d'un prévenu exigée par l'Etat français
à la veille de l'examen d'un pourvoi en cassation était
contraire à la convention européenne des droits de l'homme.
"Le sens du juste et de l'équitable n'aura profité qu'à
l'accusé au terme d'un marathon judiciaire qui n'aura servi qu'à
étouffer une fois pour toutes la voix des morts", conclut le
texte signé par le vice-président de la LICRA, Christian
Charrière-Bournazel. |